Comment intégrer la qualité de l'air intérieur (QAI) ?

Les enjeux

Nous passons plus de 80 % de notre temps dans les espaces intérieurs, garantir une bonne qualité de l’air intérieur est donc nécessaire. C’est d’autant plus vrai pour les lieux qui accueillent des publics sensibles, comme les bâtiments d’enseignement. Les travaux de rénovation sont le moment idéal pour prendre en compte la qualité de l’air intérieur et l’améliorer.

Les polluants de l’air intérieur peuvent être nombreux et de sources diverses, composés organiques volatiles (COV), particules fines, moisissures, etc. Cette pollution chronique, tout comme la pollution atmosphérique, a un coût pour la société car c’est un facteur de dégradation de la santé et la cause de nombreuses pathologies (ANSES, 2014). Au-delà des aspects sanitaires, travailler ou étudier dans un air vicié entraîne des baisses de concentration, de productivité ou encore peuvent provoquer des somnolences. Autant de raisons pour intégrer les enjeux de la QAI dans les projets de rénovation.

Les grands principes pour agir sur la QAI

D’une manière générale, pour améliorer la qualité de l’air intérieur, il convient de respecter trois grands principes :

  • Limiter les sources de pollution intérieure, liées aux usages et aux composants du bâtiment ;
  • Réduire les transferts de pollution depuis l’extérieur ;
  • Renouveler l’air de façon satisfaisante pour diminuer la concentration des polluants.

Application des principes aux projets de rénovation

Ces grands principes peuvent être déclinés à un projet de rénovation :

Mettre en œuvre des matériaux peu émissifs

L’étiquette « émissions dans l’air intérieur » informe sur la dangerosité des matériaux pour la santé des occupants, en considérant 10 COV. Elle peut être un critère de sélection des matériaux mis en œuvre, mais d’autres labels, plus exigeants, peuvent aussi être utilisés. D’une manière générale il faut limiter l’utilisation de colles et de vernis qui dégradent la QAI.

Aérer pendant les travaux et prévoir une période d’inoccupation

La période des travaux doit être suivie avec vigilance car c’est une phase dans laquelle de nombreux polluants peuvent être émis. Les travaux, surtout ceux de finitions, doivent donc être réalisés en aérant au maximum le bâtiment afin de disperser rapidement les polluants émis pendant la découpe, la pose ou la finition des éléments du bâtiment.

De plus, le profil classique d’émission de polluants d’un matériau montre un pic d’émission lors de premières semaines avant une stabilisation à un niveau plus bas. Dans l’idéal, il faut donc prévoir un temps d’inoccupation du bâtiment rénové pour limiter l’impact sur la santé de la phase travaux, le temps du dégazage.

La plaquette Penser QAI pendant la phase chantier, réalisée par l’Agence Qualité Construction, présente notamment des mesures de concentration réalisées lors d’une phase chantier. Les pics observés peuvent ainsi être mis en relation avec les activités les plus émissives.

Adapter les systèmes de ventilation au nouveau projet

Une bonne ventilation est primordiale pour évacuer les polluants vers l’extérieur. La plupart du temps, les travaux de rénovation vont modifier la circulation de l’air à l’intérieur du bâtiment. Il est donc impératif de faire vérifier par un professionnel que la qualité des systèmes de ventilation est toujours bonne et, si nécessaire, adapter ces systèmes. Les travaux de rénovation doivent aussi être l’occasion d’installer des systèmes de ventilation dans les bâtiments qui n’en ont pas, la seule aération manuelle des locaux ne devant être qu’une solution palliative.

Pour en savoir plus sur les bonnes pratiques en matière de ventilation, le site batiment-ventilation.fr, élaboré par le Cerema et d’autres acteurs du secteur, recense tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.

Vérifier le risque lié au radon

Le radon est un gaz cancérigène naturel, présent sur une grande partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce polluant provient de la désintégration radioactive de l’uranium et du radium naturellement présents dans la croûte terrestre. Il est important, avant le démarrage des travaux, de connaître le potentiel radon de la commune concernée. Pour cela, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a mis en place une carte pour visualiser le risque d’exposition au radon, disponible sur ce lien.

Le classement de la commune en zone à risque ne veut pas dire que le bâtiment est systématiquement exposé au radon, mais il est alors important de se faire conseiller par un professionnel, qui pourra par exemple suggérer d’améliorer l’étanchéité entre le bâtiment et les surfaces naturelles pour limiter les entrées de polluants et avoir une vigilance particulière lors de l’installation du système de ventilation.

Sensibilisation des usagers

Enfin, comme pour tous les travaux de rénovation, l’implication des usagers est déterminante dans la réussite de l’opération. Présenter aux usagers les bons gestes, principalement aérer quotidiennement et pendant/après les activités émissives (peinture, bricolage…) permet à chacun d’être acteur de sa qualité de l’air.

Une démarche globale de prise en compte de la QAI peut aussi être adoptée. Pour accompagner les maîtres d’ouvrage, l’ADEME a développé ECRAINS, une méthode de management des projets de construction et de rénovation axée sur l’amélioration de la QAI. En se basant sur de nombreux outils mobilisables tout au long du projet, de la conception à la mise en œuvre sur chantier.

Et après ?

Bien sûr, une fois ces préconisations mises en œuvre, il convient d’assurer une maintenance satisfaisante et un suivi dans le temps de la QAI. Pour cela, Ville Aménagement Durable élabore un guide à destination des gestionnaires pour guider les réflexions en matière de santé dans les bâtiments !

ZOOM SUR :

Pour aller plus loin sur la thématique de l’air intérieur, il est possible de consulter la boîte à outils élaborée dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement, qui recense les différentes ressources disponibles gratuitement.