Quels éco-matériaux retenir et pour quoi faire ?

Une place à part entière dans la rénovation énergétique des bâtiments publics

Les matériaux biosourcés ont pleinement leur place dans la rénovation énergétique des bâtiments publics.

Ils répondent à différents enjeux environnementaux globaux :

  • Réduction des ressources non renouvelables : rappelons que la construction est le secteur qui consomme le plus de ressources non renouvelables ;
  • Développement territorial : valorisation de filières locales, création d’emplois locaux non délocalisables, développement économique, etc.
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre en raison d’une énergie grise plus faible que les matériaux « conventionnels »
  • Amélioration du confort et de la santé des occupants et ouvriers du bâtiment (toxicité, qualité de l’air, acoustique, régulation de l’hygrométrie, etc…)
  • Réduction des déchets en phase de démolition, de part la nature de ces matériaux plus facilement recyclables, voire même biodégradables pour certains

D’un point de vue technique, les matériaux biosourcés sont particulièrement adaptés à la rénovation du bâti ancien en raison de leur capacité à gérer les transferts de vapeur d’eau dans les parois. Or, les collectivités gèrent des parcs immobiliers diversifiés qui peut comporter une part importante de bâtiment construit avant 1948.

Bien qu’il existe des freins à l’utilisation de ces matériaux, ils sont à relativiser. Ils peuvent être de différentes natures :

  • D’ordre technique : il existe des solutions biosourcées pour quasiment tous les usages et qui bénéficient pour la plupart des mêmes couvertures techniques. Des difficultés persistent néanmoins sur la connaissance de ces solutions parmi les acteurs du bâtiment (maitrise d’œuvre, entreprises, bureau de contrôle).
  • D’ordre économique : le coût des matériaux biosourcés restent en général supérieur à l’achat. Néanmoins, ce surcoût reste négligeable au regard du coût total du projet (seulement 1% pour le poste isolation par ex.) et révèle parfois un manque de connaissance technique des entreprises. Par ailleurs, en considérant les projets en coût global, et en intégrant les retombées indirectes liées aux enjeux globaux précités, les matériaux biosourcés s’avèrent clairement plus avantageux à moyen/long terme.
  • D’ordre psychologique : les matériaux biosourcés apparaissent pour certains comme moins durable et pérenne que les matériaux conventionnels, mais il faut dépasser cette croyance. D’une part ces matériaux parfois ancestraux ont su faire leur preuve en terme de durabilité (bois, pisé ou pierre par exemple). D’autre part c’est bien la qualité de la conception et de la mise en œuvre qui assure une réelle durabilité à un bâtiment et non les solutions constructives.

Ainsi, la maitrise d’ouvrage publique, qui a aussi un rôle d’exemplarité, doit intégrer le plus en amont possible le recours aux matériaux biosourcés dans les projets de réhabilitations énergétiques des bâtiments. Cela permettra d’inciter les acteurs de la construction à développer leurs compétences en la matière, et de constituer des retours d’expérience essentiels à la sensibilisation.

Pour aller plus loin :

Projets exemplaires :